C’est en 1981 qu’elle entreprend une formation aux Beaux Arts de Grenoble, aboutissement d’une passion pour le dessin qui la pousse à découvrir les secrets de la peinture. Depuis, chacune de ses toiles va bien au delà d’une simple reproduction de l’image, une vision personnelle s’éloignant de la réalité. Abstraction ou figuration, chaque toile est le fait d’une réflexion, un jeu de matières, un travail en profondeur qui lui permet d’exprimer librement toutes les impressions de la vie et les vagabondages de son âme.
Artiste résolument moderne, Martine Chaperon présente principalement des acryliques sur toile et papier, des œuvres au caractère fort dont se dégage une étrange puissance, presque palpable. Couchées sur la toile au couteau, à la brosse ou carrément avec les doigts, ces impressions de la vie et vagabondages de l’âme ne laissent pas indifférents, tant par le jeu des couleurs, sombres ou éclatées que par la danse des formes directrices, souvent géométriques, toujours fuyantes.
(Var matin/Ste Maxime)

...est pour moi un médiateur privilégié entre le dedans et le dehors, un moyen de faire tomber les tabous, une constante recherche de la beauté et le nu, une source perpétuelle de création.

...font partie intégrante de ma peinture. Je passe de l’un à l’autre suivant les moments...les humeurs. Le nu alors succède aux déchirures. La craie, les pastels, l’huile, remplacent l’acrylique parce que plus doux, plus sensuels.
Le travail du corps m’est indispensable. Je le peints mais je le sculpte aussi, avec la terre, matière souple à souhait que je façonne à mon envie. Là encore les acryliques me permettent de jouer avec les apparences. La terre devient bronze, bois, métal rouillé grâce aux jeux des patines.
Dans ma recherche picturale, j’avance au gré du temps, disposant avec passion de tous les éléments mis à ma disposition, cartons, papiers, terre, sable, bois, pierre, colle, peintures, vernis, etc.
La toile ou le carton se prêtent chacun à une technique particulière, répondant avec leurs qualités propres, souplesse ou dureté, à un geste, une émotion choisie. Le geste s’adapte au format et le format à l’humeur de l’instant. Et le hasard souvent offre à notre savoir un plus qu’il faut fixer, apprivoiser, dominer, retrouver et façonner à notre guise jusqu’à imprimer sur le support la réalisation qui nous aura permis de retrouver la sérénité.
Faire des nus, pourquoi? Parce que c’est beau par dessus tout et que l’émotion domine.
Avoir recours au nu pour exprimer ma propre identité,
Faire tomber les tabous...
Nus cachés, hachés par des rayures, des ombres, visages tournés ou absents, seules les formes comptent.
C’est une constante recherche de la beauté, au gré de mes émotions.
Une source perpétuelle de création qui se plie aux fantaisies de mon inspiration.
Ce travail occupe une place majeure dans mon parcours.
Suivant la technique utilisée le résultat diffère.
A la sensualité du pastel répondent les transparences de l’huile et la fluidité de l’encre s’oppose aux matières acryliques.
Sur la toile, le papier ou le carton, je jette les impressions ressenties devant un corps qui exerce sur moi une permanente fascination.
